Illustrateur pour des maisons d’édition à New York de 1980 à 1983, Jeffrey Bailey se tourne vers la peinture murale décorative et quitte l’Amérique pour l’Europe. Après une année en Angleterre, il s’installe à Paris en 1984.
Depuis ses premières années en France, Jeffrey Bailey poursuit une carrière singulière : il acquiert une expertise dans les techniques de trompe-l’œil et peintures murales (illusionisme, panoramiques, ornements, patines et d’autres finitions décoratives), réalisant des projets principalement dans des résidences privées, mais également dans des hôtels et d’autres commerces. Il se crée également une niche comme peintre de portraits d’intérieurs et des perspectives de projets pour des particuliers et pour les professionnels des arts décoratifs.
Ne voulant pas se limiter à la réalisation des commandes comme seule expression artistique, il donne vie à une émotion plus forte à travers des thèmes personnels.
"Surréaliste ou fantastique au premier abord, la peinture de J Bailey ne cède pourtant rien au classicisme. Bestiaire anthropomorphe, êtres hybrides ou masqués, par leur technicité comme par leur inspiration, les toiles de J Bailey s’inscrivent dans une tradition qui traverse l’histoire de la peinture : celle de l’artiste satirique et métaphysique.
A la manière d’un Chardin ou d’un Watteau, mais aussi plus proche de nous, d’un Rebeyrolle, J Bailey pose un regard critique aigu sur l’homme et la société, ses vanités et ses travers. Toutefois, ne tombant jamais dans l’aigreur, préservant le mouvement vivant des situations, J Bailey ne se sacrifie pas à la facile férocité. Sous les masques, l’homme perce, inquiet et fragile. Comme si J Bailey voulait nous rappeler avec Pascal que « l’homme n’est ni ange ni bête, mais le mal est que qui veut faire l’ange fait la bête »".
André Richaud |